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Une radio américaine coince Iliyas el Omari: Tanger Tech City ne verra jamais le jour

Après l’article de La Dépêche sur la nouvelle ville de Cherafat qui n’a toujours pas été construite et risque de ne jamais l’être, une chaîne de radio américaine atteste que même Tanger Tech City ne verra pas le jour… Enquête:

La radio publique américaine NPR a publié ce mercredi sur son site une grande enquête signée Ruth Sherlock sur Tanger Tech City sous le titre: «la ville technologique marocaine financée par les Chinois verra-t-elle le jour?» Une telle sortie d’un tel organe de presse américain n’est pas anodine. NPR est un influent support financé par le gouvernement fédéral. Et en tant que radio non commerciale, elle est assujettie aux politiques et orientations publiques élaborées au cœur du pouvoir américain à Washington DC. Quant à la journaliste Ruth Sherlock qui a mené l’enquête, c’est une ancienne correspondante du Daily Telegraph pour les affaires internationales. Elle est surtout connue pour avoir couvert, sur le terrain, les événements qui ont accompagné le «Printemps arabe» en Égypte, en Libye et en Syrie.

Pour tenter de répondre à cette question, NPR a fait une enquête de terrain dont il ressort que Tanger Tech City ne sortira pas du sol avec le groupe chinois Haite. La raison réside dans le différend qui l’a opposé aux autorités marocaines pour qui il n’est pas question que la nouvelle ville soit la propriété de Haite mais d’une société marocaine. Les Chinois sont les bienvenus mais en qualité d’investisseurs.

NPR, l’influente radio publique américaine a, et après avoir planté le décor et rappelé la cérémonie de signature du projet de «Cité Mohammed VI Tanger Tech», présidée le 20 mars dernier par le souverain en présence de Li Biao, PDG du groupe chinois Haite, expliqué que l’idée de la ville a été rendue publique lors de la visite du roi Mohammed VI en Chine en mai 2016.

La journaliste américaine est d’abord revenue sur les ambitions du groupe chinois à savoir la construction d’une ville de hautes tours scintillantes et de zones industrielles qui attireront jusqu’à 100 entreprises chinoises et un investissement prévu de l’ordre de 10 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie.

Ruth Sherlock note que depuis les premiers mois qui ont suivi l’annonce de ce projet titanesque, des problèmes semblaient déjà se poser. La date de début de la construction a d’ailleurs été retardée à plusieurs reprises. Selon des initiés et des experts qu’elle a rencontrés, le projet est semé d’embûches et il est au point mort.

NPR rappelle par exemple que le ministre marocain de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy, avait déclaré à la presse que la première usine ouvrirait ses portes en 2019. En attendant, la journaliste relève que le site de la Cité Mohammed VI Tanger Tech est resté une terre arable, sans aucun bulldozer en vue.

Cherchant à en savoir plus, elle a pris contact avec les divers acteurs du projet. Elle souligne que les responsables marocains étaient soient silencieux ou évasifs.

Ainsi, la BMCE Bank of Africa, qui aide à financer le projet, a d’abord accepté de la rencontrer, puis s’est désistée et a refusé de répondre aux tentatives répétées. Elle note que la banque a récemment publié un communiqué de presse indiquant que le projet de ville avait retenu l’attention de plusieurs investisseurs chinois mais aucune mention du Groupe Haite. Pour sa part, Moulay Hafid El Alamy a refusé de préciser si Haite était toujours impliquée, tout en affirmant dans une déclaration écrite que l’identité des investisseurs était privée, même si le projet avait été annoncé pour la première fois comme une joint-venture avec le groupe Haite.

Seul Ilyas El-Omari, président de la région du Tanger-Tétouan-Al Hoceima, a accepté de parler à NPR en admettant l’existence d’un désaccord entre le Maroc et la société chinoise sur le propriétaire de la future ville technologique.

En fin, la radio américaine explique que tout autre retard dans le lancement des travaux pourrait porter préjudice à l’ensemble de l’investissement chinois qui devait apporter une réelle plus-value pour la région.

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