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Tanger: Stopper le commerce ambulant définitivement Est-ce réellement possible?

Les artères de l’ancienne médina de Tanger ont été débarrassées, pour la énième fois, des vendeurs ambulants qui les ont squattées pendant plusieurs décennies. Sur la rue d’Italie, Siyaghine et les autres espaces névralgiques de ce vieux quartier, les trottoirs ont été libérés, définitivement comme veulent le faire entendre les autorités de tutelle. Cette fois-ci, il paraît qu’il n’y aura pas de retour de ces centaines de vendeurs ambulants qui avaient envahi cette zone et imposé leur propre loi. Ces commerçants ont été priés de rejoindre leurs nouvelles parcelles dans l’un des nouveaux marchés de proximité aménagés loin du centre-ville. Tant mieux. Sauf qu’il n’existe aucune garantie que demain l’ancienne médina ne soit de nouveau envahie par d’autres marchands ambulants. Au fond, c’est le hic qui fait la faiblesse des autorités compétentes. En programmant de nouveaux projets à caractère économique et social, le cas des marchés de proximité, elles ne s’appuient pas réellement sur un vrai arsenal de lois imposant le respect total des nouvelles normes de gestion de la ville. En effet, il suffit de passer quelques jours sans que les populations ne soient dérangées par ces phénomènes pour que ces derniers reviennent en force et s’installent d’une manière encore plus dérangeante et arrogante. Le bakchich y est pour quelque chose, et bien qu’on se force d’établir l’ordre, il faut changer de mentalité pour que cet ordre soit véritablement respecté. C’est bien là toute la différence.


D’autres quartiers sont également touchés par ce phénomène très grave. Cela fait des années que la presse locale en parle. Au quartier de Msallah, il y a eu même des morts à cause de « batailles » entre des jeunes vendeurs ambulants. Ces accidents répétés ont eu souvent lieu sous les yeux des agents des forces auxiliaires, qui campent quotidiennement dans leurs véhicules stationnés à l’entrée du vieux quartier, sans jamais  bien faire  leur travail. A Msallah, aucun véhicule ne peut passer à partir de midi. Le quartier est pris en otage. S’il y a un malade grave qui nécessite d’être transporté en urgence vers un hôpital ou une clinique, pas la peine d’appeler une ambulance car elle ne peut pas passer. S’il y a le feu, le camion des sapeurs pompiers mettra des heures avant d’arriver, parce qu’il ne peut pas passer. Même les morts n’ont pas le respect qu’ils méritent et plusieurs familles habitant ce quartier préfèrent programmer la prière sur leurs défunts à la mosquée Mohamed V au lieu de la mosquée de Msallah. Au Kaid responsable, les gens lui ont demandé au moins de réorganiser ce « souk » qui rend leur vie infernale. Quand il se déplace surplace, le petit passage qu’il ordonne à son personnel de dégager est envahi quelques heures plus tard.


A Casabarata, c’est le même enfer. Personne ne peut prétendre y mettre de l’ordre pour très longtemps. Le désordre paraît y être le mot d’ordre et les intérêts des uns et des autres le remportent clairement sur les intérêts des principaux responsables de la ville qui ont pour principale mission d’assainir la nouvelle métropole de ses maux, en lui donnant une image propre et digne de la place de cette ville, celle qu’elle mérite véritablement.
L’ordre a été donné par le ministère de l’Intérieur pour se débarrasser de la mauvaise image que présente ce phénomène, rendant la vie insupportable aussi bien aux citoyens qu’aux visiteurs. Le Wali, Mohamed El Yacoubi suit avec une attention particulière ce projet, mais est-ce que tout le monde a les mêmes bonnes intentions? La réponse est à trouver du côté de la rue d’Italie très prochainement. A Msallah et Casabarata aussi…

Abdeslam Reddam

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