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Stratégie nationale portuaire (SNP) à l’horizon 2030: Une nouvelle étude mesurant l’état d’avancement

La Stratégie nationale portuaire (SNP) à l’horizon 2030 sera évaluée dans le cadre d’une étude lancée par le ministère de l’Équipement. Ce bilan serait prêt en juin prochain.

Le Maroc a lancé, en 2010, sa Stratégie nationale portuaire (SNP) à l’horizon 2030. Après huit ans de mise en œuvre, la Direction des ports et du domaine public maritime au sein du ministère de l’Équipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau lance une étude pour mesurer l’état d’avancement de cette stratégie. 

La SNP se décline en six pôles portuaires: le pôle de l’Oriental (port de Nador West Med), le pôle du Nord-Ouest (ports de Tanger et Tanger Med), le pôle de l’aire Kénitra-Casablanca (ports de Casablanca, de Mohammedia et de Kénitra), le pôle Abda-Doukkala (ports de Jorf Lasfar et de Safi), le pôle Souss-Tensift (port d’Agadir) et le pôle du Sud (ports de Tan-Tan, de Laâyoune et de Dakhla). Ce regroupement portuaire, dont l’enveloppe d’investissement est estimée à plus de 74 MMDH, permettra «d’aligner la gestion et l’organisation des ports marocains sur les standards internationaux et prend en considération la déclinaison territoriale régionale».

L’étude en cours de démarrage permettra d’analyser le déploiement de la SNP en termes de projets réalisés durant la période 2010-2017, de même que la comparaison avec la planification initiale, l’analyse des changements intervenus dans les projets programmés en termes de planification et de consistance et, enfin, l’impact des différents projets réalisés ou en cours de réalisation sur le secteur portuaire national, notamment une première évaluation des schémas de gouvernance adoptés pour ces projets. 

Cette étude vise également l’actualisation des hypothèses d’évolution du trafic portuaire de la SNP 2030, ainsi que les prévisions de la demande portuaire à l’horizon 2030 (commerce, passagers, pêche, plaisance, croisière, construction et réparation navale). La Direction des ports se prépare aussi à concevoir et à développer un système d’information disposant des modules de gestion statistiques portuaires. Le département de l’Equipement souhaite disposer aussi d’indicateurs de suivi de la SNP. Cette étude intervient au moment où certains projets portuaires connaissent des retards. À titre d’exemple, l’appel d’offres pour la construction du port Nador West Med n’a été adjugé qu’en mars 2016, soit quatre ans après la date initiale du lancement des appels d’offres. Ce futur port spécialisé dans le stockage de produits pétroliers sera construit par le consortium composé de la Société générale des travaux du Maroc (SGTM), du groupe turc STFA et des Luxembourgeois JDN. La SNP est aussi marquée par la difficulté de mise en service de nouveaux ports, le cas le plus emblématique étant celui du nouveau port de Safi. Nos confrères de Telquel avaient révélé les déboires que connaissait la construction de ce nouveau port. Ce projet a démarré en avril 2013 et nécessite un investissement de 4,1 MMDH. Pour disposer d’une vue d’ensemble de la situation des projets en cours, le département de l’Équipement tente d’établir un bilan des huit ans d’exécution de la SNP.

Pour la Direction des ports et du domaine public maritime, cette démarche d’évaluation et de réajustement en cours de route a déjà été prévue par la SNP. «Une des idées fondatrices de la mise en œuvre de la stratégie portuaire du royaume est de recourir à une planification «ouverte» sans s’appuyer sur un programme pluriannuel d’investissements figé jusqu’en 2030», explique la direction. Et d’ajouter: «Il faut en effet que tout au long de la période de mise en œuvre, les programmes d’investissements puissent être adaptés et ajustés à l’évolution des stratégies sectorielles tant nationales qu’internationales, à l’évolution des stratégies des opérateurs nationaux et internationaux, à l’évolution de la demande portuaire effective pour permettre de saisir les opportunités qui s’offriront au Maroc». Pour ces raisons, la direction dirigée par Lahcen Aït Brahim souhaite disposer d’un outil de veille lui permettant de décider quand investir et pour quels aménagements, et ce pour chaque port dans le cadre de la vision à long terme du système portuaire. Quatre types d’indicateurs ont été définis. Le premier indicateur concerne l’impact des stratégies sectorielles (énergie, croisières, industries chimiques, agriculture et chantiers navals). Le deuxième type d’indicateur couvre les opportunités externes (développement des autoroutes de la mer, développement des activités de nearshoring et transbordement pour trafics énergétiques ou conteneurisés). Le troisième type d’indicateurs est relatif à la saturation des activités portuaires. Enfin, le quatrième type d’indicateurs couvre l’impact de la politique d’aménagement du territoire. Pour rappel, la SNP comme stratégie d’aménagement du paysage portuaire répond à six objectifs: optimiser la compétitivité de la chaîne logistique, optimiser la valorisation des ressources, assurer la sécurité des approvisionnements stratégiques, accompagner les mutations économiques, donner au système portuaire la capacité de s’adapter aux changements régionaux et internationaux et permettre au système portuaire de saisir les opportunités géostratégiques qui apparaîtront au cours de sa mise en œuvre. 

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