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Sida: Petites zones d’ombre à ALCS Tanger

Selon les chiffres du ministère de la santé, en 2017, le nombre total cumulé de personnes vivant avec le VIH (PVVIH) notifiées est estimé à 13.322.

Selon les données du ministère 3 régions concentrent plus de 50% des PVVIH notifiées à savoir, Souss Massa, Casablanca-Settat et Marrakech-Safi, faisant savoir que 67% des nouvelles infections se produisent dans les réseaux des populations clés plus exposées aux risques d’infection. La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima arrive en 4e position.

La prévalence du VIH est estimée à 1,3% chez les professionnelles du sexe féminin (PSF). Elle est de 4,3% chez les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (HSH) et de 8% chez les personnes qui s’injectent les drogues (PID), précise le même département, qui note que cette prévalence dépasse 5% dans certaines villes (5,7% à Marrakech parmi les HSH, 13,2% à Nador et 7,1% à Tétouan parmi les PID).

Pour lutter contre ce dangereux phénomène, des efforts gigantesques sont déployés par le ministère d’une part et des associations comme l’ALCS. L’association existe dans les grandes villes du royaume et son travail dépasse de loin les zones urbaines pour s’intéresser de plus en plus aux zones périphériques et rurales. Le plus gros du travail fait par cette association est supporté par des conseillers de prévention qui sont très souvent sur le terrain et vont vers les personnes susceptibles de porter le virus.

Or, cette mission n’est pas toujours facile à assumer. En effet, en plus de supporter le fait qu’ils soient mal payés et sans  aucune couverture sociale (le total du salaire et les petites primes de déplacement ne dépasse guère le Smig), ces conseillers font très souvent face à des situations qui restent incompréhensibles au Maroc du XXIe siècle.

Ainsi, ces conseillères, car il s’agit souvent de femmes, quand elles sont sur le terrain, les soirs, dans les discothèques, les cafés de chicha, les bars et sur les différents trottoirs de Tanger, elles sont obligées d’affronter le refus de certains agents de la police qui leur interdisent d’effectuer leur mission. Ainsi, au moment qu’elles attendent l’aide et le soutien de la police, les conseillères ‘bénévoles’ de l’ALCS sont souvent ‘menottées’ et ‘embarquées’ vers le commissariat. En distribuant des capotes aux jeunes prostituées, elles sont accusées d’encourager la prostitution.

Et malgré toutes les tentatives faites par les responsables de l’ALCS de Tanger pour faire comprendre à la police qu’il s’agit d’opérations de sensibilisation visant la protection des citoyens, il existe encore des agents qui refusent d’admettre que donner un préservatif à une personne peut lui sauver la vie.

Cet article est un message direct adressé au préfet de la police à Tanger pour rappeler à ses équipes qu’elles ont un important rôle à jouer dans ce contexte et que leur mission et de soutenir ces initiatives et non pas de leur déclarer la guerre.

Ce message est également adressé aux responsables de l’ALCS pour prendre plus en considération la situation sociale et économique des hommes et des femmes qui les représentent dans les rues et qui font un travail certes passionnant, mais aussi très dur.

Abdeslam Reddam

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