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Rapport de la KAS: Les nouvelles routes de la soie et l’Afrique du Nord: Quelles synergies?

Le Maroc, voyant son monde devenir polycentrique, adapte son positionnement, en s’érigeant en tant que pivot stratégique et fort de ses multiples partenariats.

One Belt, One Road ou les nouvelles routes de la soie est le projet planétaire chinois, qui vise à relier par des voies routières, ferroviaires, numériques et maritimes, les plus grands blocs économiques du monde, en Asie, en Afrique, Méditerranée, Europe, Océanie et jusqu’aux Amériques.

Si ce projet, qui est au centre d’une stratégie de puissance de la part des Chinois, soulève l’inquiétude des occidentaux déclinants, il suscite au contraire, chez les puissances émergentes, de réels intérêts tant économiques que géopolitiques. Parmi ces pays émergents, il y a le Maroc.

Selon le think tank allemand, la ‘Konrad-Adenauer-Stiftung – KAS’, le Maroc serait l’adhérent à l’OBOR, en Afrique, qui favoriserait le mieux, la réussite des objectifs de ce titanesque projet chinois.

La KAS a produit à ce sujet, un rapport intitulé « Les nouvelles routes de la soie et l’Afrique du Nord: Quelles synergies? »

 Dans ce document publié récemment, la KAS indique que le Maroc, vaste pays, bi-océanique, qui contrôle, l’une des voies maritimes les plus importantes au monde, le détroit de Gibraltar, par où transitent annuellement, plus de 100.000 navires, serait amené à être l’une des perles rares de cette grande route mondiale.

Du fait de sa position géostratégique hautement avantageuse, le Maroc, explique le rapport de la KAS, a très tôt pris conscience de la grande importance que représente ce projet pour, l’accomplissement de sa puissance émergente. A cet égard, KAS cite le Roi Mohammed VI, lequel dans un message adressé, en décembre 2015, au sommet sur la coopération sino-africaine (FOCAC), tenu à Johannesburg en Afrique du Sud, le souverain avait dit : «le royaume pourrait jouer un rôle constructif dans le prolongement de la route de la soie maritime, non seulement vers l’Europe atlantique, mais également et surtout vers les pays d’Afrique de l’ouest, avec lesquels le Maroc entretient des liens multidimensionnels». Dans son message, le Roi traduisait la vision du Maroc, pour que l’OBOR puisse consolider son objectif d’être le pivot stratégique entre l’Europe et sa profondeur ouest-africaine, mais aussi par l’ouverture sur le grand large atlantique.

Mais il y a aussi, les connexions continentales terrestres. La KAS en a dit: «Le Maroc, dans le cadre de l’OBOR, se positionnerait à la fois sur la route maritime et sur la voie terrestre, offrant de la prolonger de la péninsule Ibérique à la Cedeao en Afrique de l’Ouest. Si la route de la Soie sahélienne devant relier l’Ethiopie au Nigéria est mise en œuvre, une boucle terrestre relierait la Chine à l’Europe, au Maroc, à la Cedeao puis traverserait horizontalement le continent africain pour aboutir en Ethiopie, connectée à Djibouti, établissant ainsi une jonction avec la composante maritime. Selon le rapport de la KAS, le Maroc multiplie les partenariats. Il bataille à s’affranchir des têtes à têtes géopolitiques avec l’occident, qui ne lui ont que rarement réussi. L’arrivée de la Chine et de son OBOR, en Afrique, permettrait au royaume de renforcer ses cartes de négociations, de diversifier ses interlocuteurs et surtout de capter de précieuses valeurs ajoutées des différents flux économiques qui le traverseraient.

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