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L’entretien de Oussama Ouassini: LE MONDE PÉDALE DANS LA CHOUCROUTE

Préambule 

À tous nos lecteurs,

Je tiens tout d’abord à souhaiter une bonne année 2019 à chacun d’entre vous ainsi qu’à vos proches. Que cette nouvelle année vous apporte Bonheur, Santé, Espérance, Paix, Joie et tant d’autres choses…

Je fais mes vœux pour que cette année 2019 soit énergique et porteuse d’espoir, qu’ensemble nous puissions contrarier les mauvaises prédictions de crise et de stagnation. Au contraire, profitons de notre force et de notre courage pour maintenir et pousser de l’avant notre pays.

Bien cordialement, Oussama OUASSINI 

 

Q: Qu’est-ce qui vous a marqué dans cette année 2018? 

Je me permets de revenir sur un fait marquant et majeur de 2018 qui en dit long de l’état de gestion. 

Nous tous, on a été surpris par la violence du boycott (M’dawekhs) au Maroc et de l’éruption sociale en France (Gilets jaune): les statistiques économiques des organismes d’état ou privés n’indiquaient nulle part que d’aussi nombreux M’dawekhd (10 millions de personnes: Source Ministère de l’Interieur) et de Gilets jaunes ne parvenaient plus à boucler les fins de mois. Donc, soit les chiffres statistiques mentent, soit les mouvements sociaux mentent. 

En réalité, cela fait bien une vingtaine d’années que les chiffres économiques ne livrent plus une image fiable des conditions de vie de la population, en raison des changements de méthodes statistiques effectués. Dès lors, le krach ne peut être que social. C’est pourquoi on assiste à des débordements qui sont désormais un indicateur plus fiable des véritables niveaux de vie.

Avant 2008, la bourse fonctionnait encore comme un reflet de la vie économique. La bourse pouvait révéler en temps réel les dérives économiques. Le krach boursier était un indicateur avancé, qui se confirmait ensuite par des conséquences sociales tangibles et lourdes.

Mais depuis la crise des Subprimes, l’intervention des banques centrales pour refinancer les marchés (quantitative Easing: QE) a faussé les cours du marché obligataire et soutenu artificiellement les prix des actions. Par ailleurs, plusieurs scandales ont révélé que les taux d’intérêt, les taux Libor, les cours de l’or et ceux d’autres métaux précieux avaient été manipulés depuis de longues années par les principales banques opérant sur ces marchés. Or, ces prix étaient des indices de référence, des points de repère pour situer la valeur des monnaies, des matières premières, des valeurs mobilières et, in fine, de l’épargne. Ce brouillage est venu s’ajouter à l’opacité des statistiques nationales qui reflètent de moins en moins l’état réel de l’économie en adoptant des méthodes favorisant un marketing avantageux en comparaison aux pays concurrents.

Nous avons par exemple un chômage américain à 3,7%, mais si on réintégrait les chômeurs de long terme, le taux serait de 21%, selon le site Shadow Government Statistics. 

De même, pour le pourcentage élevé de la croissance du PIB américain, alors que chaque point de cette croissance nécessite le double ou le triple de dette nationale supplémentaire et les moyens réduits de l’Etat pour financer la sécurité sociale. 

En France aussi, les chiffres de l’inflation et donc du pouvoir d’achat ont leurs détracteurs. Je citerai l’ouvrage Pouvoir d’achat, le grand mensonge de l’économiste français Philippe Herlin qui estime qu’on minimise fortement l’inflation en France.

Depuis que les chiffres économiques ne disent plus rien, ou si peu, des réalités économiques, le citoyen est son propre avocat; il ne lui reste que l’ultime témoignage du terrain pour faire part de sa réalité. 

Peut-on dès lors s’étonner des conséquences?

Q: Vos prévisions pour 2019 ?

Les prévisions, pour ne pas être rébarbatif, ennuyeux pour nos électeurs et surtout de ne pas les noyer dans des batteries de chiffres, de taux et de ratio qui à la fin n’auront plus aucun sens, soyons bref, concis et précis.

Je n’utiliserai que 3 indicateurs qui, au delà de leurs fiabilités universelles, viendront réinformer nos lecteurs des prévisions 2019.

Les 3 indicateurs sont:

* Le Taux de croissance économique (la Richesse supplémentaire créée).

* Le Taux d’intérêt de la dette publique. 

* Le ratio Dette publique / PIB: le poids de la dette sur la Richesse créée.

Taux de croissance économique

L’OCDE table pour une croissance de l’économie mondiale à 3,7 % en 2018 et à 3,7% en 2019.

-Aux États-Unis, suite à la réforme fiscale de l’administration Trump, il prévoit une croissance de 2,9 % cette année et à 2,7% pour 2019.

-Le Royaume-Uni, la croissance devrait s’établir à 1,3 % cette année et à 1,2 % l’an prochain.

-La zone Asie, le Japon (1,2 % sur les 2 exercices), ainsi que pour la Chine (6,7 % en 2018 et 6,4 % en 2019) et la Russie (1,8 % en 2018 et 1,5 % en 2019).

-La zone Euro, l’OCDE y anticipe une croissance de 2,0 % cette année (dont 1,9 % en Allemagne et 1,6 % en France) et de 1,9 % l’an prochain (avec 1,8 % en France comme en Allemagne).

-Mais les plus fortes dégradations des perspectives pour 2018 et 2019 ont concerné des économies émergentes en difficulté comme l’Afrique du Sud et surtout l’Argentine (attendue en récession à -1,9 % cette année) et la Turquie (qui devrait afficher une croissance limitée à 0,5 % en 2019 contre 7,4 % en 2017).

-L’Inde devrait en revanche être le pays du G20 connaissant la croissance la plus rapide, avec 7,6 % prévue cette année et 7,4 % l’an prochain. 

-Au Maroc, d’après la Banque centrale du Maroc (BAM), elle prévoit une croissance de 3,3% cette année et à 3,1% pour 2019. 

Taux d’intérêt et le Ratio Dette publique/PIB

Nous allons calculer le poids de l’intérêt de la dette publique sur la croissance économique de certains pays cités ci-dessus. 

La formule est simple: 

(Taux d’intérêt * Ratio Dette publique / Ratio)/100

Rapprochons, examinons et confrontons le Résultat avec le Taux de croissance économique. 

Définition:

Si Taux de Croissance économique-Résultat: cela veut dire que la croissance couvre non seulement les intérêts de la dette publique mais permet aussi d’investir et/ou de distribuer le surplus. 

Si Taux de Croissance économique-Résultat: cela veut dire que la croissance économique n’a même pas été capable de payer les intérêts de la dette publique et que le pays doit se surendetter pour honorer le paiement des intérêts et/ou mettre en place un plan de restriction budgétaire.

Le seul pays qui sort réellement son épingle du jeu est l’Allemagne (Productivité à forte valeur ajoutée)

Le reste des pays pédale dans la choucroute ou se surendette. 

À ceci se rajoute un dysfonctionnement structurel, à savoir que:

*Plus de 70% du PIB est généré par la consommation des ménages. 

*La tranche d’âge qui consomme le plus et celle des 25 ans à 55 ans.

*L’ensemble des pays d’Europe, d’Amérique et d’Asie sont en perte démographique (une perte de 30% d’ici 2040-2050) et surtout de vieillissantes. Le seul continent où il y aura une forte fécondité est l’Afrique (+ 1 milliard d’habitants d’ici 2050)

Que nos lecteurs fassent leur propre déduction. 

Pour conclure, les pays de ces continents en perte démographique déclencheront des vagues de migration légales et sauvages. (Marrakech: Pacte mondial sur les migrations des Nations unies).

Si les citoyens à forte valeur ajoutée, fort demandés, quittent notre pays, notre PIB connaîtra une forte chute et surtout celle par habitant qui s’assignera par une forte crise économique mais aussi une tension sociale brusque, violente et brutale.

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