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Immobilier & urbanisme: Silence, on massacre Tanger!

La belle villa qui avoisinait le siège du Conseil Régional (ancien bâtiment du Consulat Américain) a été rasée durant les dernières semaines. Elle n’était pas un bâtiment déclaré comme patrimoine historique, mais elle était quand-même une très belle ancienne villa rappelant cette époque d’or de Tanger des années 50-60.

A la place de cette belle ancienne demeure, les Tangérois auront droit, bien évidemment, à un immeuble de plusieurs étages, dont la laideur rendra aussi laid le bâtiment du conseil de la région. Et pourtant, à part l’association défendant les consommateurs, aucune autorité n’a pu réagir. L’opération est légale et aucune autorité n’a le droit d’empêcher ce nouveau massacre qui rend monstrueux l’urbanisme local.

A Tanger, comme dans toutes les villes du royaume et ses villages aussi, le béton le remporte sur tout le monde et il a la dernière parole. Dans la nouvelle métropole, on peut tout revoir et tout annuler, mais jamais un projet immobilier qui prend la place d’un espace vert, d’une belle villa et même d’une forêt.

Mais dans cette ville, c’est le logement social qui pose le vrai problème. Le programme des logements sociaux a donné vie à des constructions qui ne sont finalement que des bidonvilles situés dans la zone périphérique de la ville, des fois même en plein centre de celle-ci et où il n’y a aucun respect des normes de l’urbanisme. Là encore, on construit tellement vite pour vendre qu’on oublie que l’essentiel est d’offrir un habitat et non pas juste des murs et un toit. Or, l’habitat c’est toute une philosophie, une vision et un ensemble de caractéristiques qui s’accompagnent. En effet, il n’existe aucune infrastructure en parallèle. Pas d’écoles, pas de centres de soins, pas d’espaces verts. Que du béton. Que des bidonvilles en verticale.

Depuis le lancement de ces programmes de l’habitat social, il y a eu plusieurs défaillances de la part notamment de certains promoteurs immobiliers qui ont tout simplement défiguré la ville, spécialement sur la route de Rabat et certains autres grands quartiers de Tanger.

Cet aveugle bétonnage des espaces de Tanger met également en danger le littoral et les plages de la ville et de sa région. L’extraction sauvage du sable pour construire plus d’immeubles va irrémédiablement aboutir à la disparition des plages qui ont mis des milliers d’années à se constituer. Après l’air et l’eau, le sable est la ressource naturelle la plus utilisée sur terre et à des proportions vertigineuses. On parle de 15 milliards de tonnes exploitées annuellement. Le secteur BTP reste fortement tributaire de ce granulat dont le prix sur le marché est de 300 DH le mètre cube. Au Maroc, le sable est utilisé à hauteur de 30 millions de tonnes chaque année.                           A.R. 

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