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fondation Ellen Mac Arthur: En 2050, on pêchera plus de plastique que du poisson !

Une alarmante étude signée par la fondation Ellen Mac Arthur signale que dans une trentaine d’années, les océans seront noyés sous les déchets plastiques. Ces ordures seront plus nombreuses que les poissons, si aucun effort n’est fourni pour inverser la tendance.  

C’est une perspective horrifiante présentée par un récent rapport de la fondation Ellen Mac Arthur! Les scientifiques qui y officient, assurent qu’à l’horizon 2050, il y aura plus de déchets plastiques dans l’océan que de poissons!

Selon cette fondation créée en 2010, pas moins de 150 millions de tonnes de plastiques polluent d’ores et déjà nos océans. Les spécialistes précisent par ailleurs qu’à l’horizon 2025, les océans devraient contenir près d’une tonne de déchets pour 3 tonnes de poissons… Et d’insister sur le fait que si aucune action sérieuse n’est mise en application pour inverser cette tendance destructrice, «nous pourrions passer de 2 bennes à ordures par minutes [déversées dans les océans, ndlr] d’ici 2030, à 4 d’ici 2050». 

Ces projections alarmantes s’expliquent par une production croissante de plastique à l’échelle planétaire. Selon la même source, celle-ci est en effet passée de 15 millions de tonnes en 1964 à 311 millions de tonnes en 2014. Les spécialistes précisent même que 250.000 tonnes de déchets plastiques flotteraient à la surface…

Malgré d’importantes avancées en matière de recyclage, cette solution reste peu efficace à l’échelle globale. Les scientifiques estiment en effet qu’en dépit de ces efforts, pas moins de 8 millions de tonnes de déchets d’emballage, soit près de 32%, finissent leur parcours dans nos mers et océans.

Ces comités d’experts expliquent par ailleurs que les plastiques se dégradent au fil du temps pour se transformer en microparticules. Ces dernières sont ingérées par la faune océanique, entraînant des contaminations de poissons, de fruits de mer et crustacés… qui finissent, in fine, dans nos assiettes…

Et le fléau est tenace! Ces micro-plastiques, qui favorisent l’absorption de composés chimiques toxiques, polluent toutes les zones du globe, même les plus préservées. Selon une récente expédition scientifique, menée par les chercheurs de l’université de Newcastle, des micro-plastiques ont été découverts dans des crevettes de la fosse des Mariannes, à plus de 11.000 mètres de profondeur. Ce lieu était jusqu’à lors considéré comme un véritable sanctuaire, à l’abri de toute pollution…

Les initiatives marocaines

L’ONU en appelle à la responsabilité des États pour lutter contre ce phénomène galopant et préconise l’interdiction de certains objets ou pratiques. Un message qui semble avoir été largement entendu au Maroc qui s’était d’ores et déjà engagé pleinement dans ce combat contre la matière plastique en appliquant dès juillet 2016, le programme «Zéro Mika», appuyé sur la loi 77.15. Ce dispositif qui interdit la fabrication, la commercialisation et l’utilisation des sacs en plastique s’est accompagné d’une vaste campagne de sensibilisation auprès du grand public autant que des professionnels. Des opérations de ramassage ont également été organisées sur l’ensemble du territoire, permettant ainsi de collecter près de 6.800 tonnes de sacs, incinérés dans des fours de cimenteries, dans le respect des normes environnementales les plus strictes, précise le ministère de l’Industrie. Ce dernier dresse par ailleurs un bilan encourageant, un an après l’entrée en vigueur du programme «Zéro Mika».

Cette mesure innovante et cruciale instaure et démocratise par la même occasion une culture de la préservation environnementale et entend participer à un changement de mentalités et comportement collectif. De nombreuses initiatives citoyennes voient ainsi le jour, à l’instar des Forums de la Mer, qui misent sur l’engagement, l’éducation et la sensibilisation des citoyens aux ressources maritimes et environnementales, tout en s’adressant au jeune public, garant de la poursuite et la pérennité de ces actions écologiques désormais indispensables…

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