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Femmes/Hôtels: Un dilemme qui pose un grave problème

Paradoxe total. La relation femmes/hôtels reste l’une des plus ambiguës. A l’occasion de la journée Internationale des femmes célébrée le 8 mars, les départements communication et marketing des grands établissements hôteliers font tout pour ‘séduire’ les femmes et les inviter à fêter leur journée mondiale dans une ambiance des plus chaleureuses. Durant les fêtes de fin d’année l’intérêt est le même et pour la Valentine cet enthousiasme est encore plus grand. Mais entre temps et en dehors de ces grands rendez-vous, ces mêmes femmes sont interdites d’entrée à ces mêmes hôtels qui les ont honorées. Plus paradoxal, impossible !

Pourquoi une femme qui arrive, seule dans un hôtel, pour y prendre un verre se voit refusée l’accès dans un établissement considéré comme un espace public ouvert à tous les clients? Pourquoi une femme qui habite Tanger n’a pas le droit de prendre une chambre dans un hôtel à Tanger?.

Plusieurs plaintes ont été formulées par des femmes qui ont été mal traitées par des agents de sécurité à l’entrée de certains grands hôtels. Dans la nouvelle métropole, qui s’est modernisée à coups de plusieurs milliards de DH, les lois et les mentalités n’ont pas accompagné ce processus de développement.

Une femme, qu’elle soit médecin, notaire, architecte, prof ou tout simplement femme au foyer, se voit déshonorée et mal traitée à la seconde même où elle met le pied devant l’entrée de certains grands hôtels. Elle est repoussée et traitée de tout, juste parce qu’elle n’est pas accompagnée par un homme. Le jugement est sans appel. Pour les agents de sécurité qui dictent la loi, ces femmes sont des ‘putes’ jusqu’à preuve du contraire. La discrimination est totale.

«Supposons qu’une femme qui habite seule dans son appartement et ne connait personne à Tanger chez qui elle peut dormir, perd un soir les clefs de son appartement et ne s’en rend compte que très tard dans la nuit. Pourquoi n’a-t-elle pas le droit, comme tous les hommes, de prendre, seule, une chambre d’hôtel…», s’interroge une femme d’affaires qui a été récemment victime de cette discrimination. «Vendredi dernier, l’agent de sécurité d’un établissement hôtelier de Tanger m’a interdit l’entrée à l’hôtel juste parce que je suis une femme et je suis seule. J’aimerai savoir quelle est cette loi discriminatoire qui interdit l’entrée des femmes marocaines dans un hôtel classé et pourquoi elle continue d’exister?».

Interrogés à ce propos, certains professionnels disent que cette loi n’existe plus, alors que d’autres assurent qu’elle est toujours appliquée. Ils ajoutent qu’il est temps de l’abolir car elle est absurde et dépassée. Les avis, concernant l’interdiction à une femme non accompagnée d’avoir accès au bar ou au restaurant d’un grand hôtel, diffèrent. Mais la majorité absolue trouve illogique que cette mentalité continue d’exister. «L’important c’est qu’un couple qui ne possède pas un acte de mariage ne puisse pas avoir une même chambre d’hôtel», rappelle un opérateur. 

Soit. Sauf que c’est dans l’interprétation de cette interdiction que chacun fait sa propre lecture et donne sa propre sentence. Les grands hôtels classés ont une image de marque à protéger. De leur côté, les femmes respectables et constituant la majorité absolue du genre féminin, ont elles aussi leur honneur et leur dignité à protéger. 

Et c’est ici qu’existe le dilemme. L’idéal serait que les grands hôtels de la nouvelle métropole se penchent un peu plus sur la manière de trouver une solution à cette situation qui est très grave. Une meilleure formation des agents de sécurité serait le premier pas à faire. Car une femme doit être respectée et bien traitée, abordée avec gentillesse et surtout avec une grande souplesse. 

«Il n’existe aucune raison de rejeter un client à cause de son genre. Et au lieu de compter sur des agents de sécurité qui sont en général très mal formés dans ce domaine, il serait plus ‘intelligent’ de compter sur les nombreuses caméras de surveillance placées dans tous les espaces d’un hôtel et dans les couloirs de ses étages. C’est la seule manière pour faire la différence entre une femme respectable et une autre mal respectée. Et c’est seulement en cas de  flagrant délit qu’on doit faire appel à la sécurité. Ce n’est pas à un agent de sécurité de refuser l’entrée d’un client, surtout quand il s’agit d’une femme. Au contraire, il est là pour la protéger en tant que bon client jusqu’à ce que son comportement devienne une preuve du contraire», conclut la même femme d’affaires.

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