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Espido Freire parle de la révolution technologique: « Les auteurs qui s’adaptent à cette réalité auront plus de chances de survivre »

Invitée la semaine dernière par l’Institut Cervantes de Tanger pour animer une importante conférence, Espido Freire, jeune auteur espagnole, a répondu aux questions ‘express’ de la Dépêche.

Vous êtes parmi les jeunes écrivains espagnols les plus connus et primés sur le plan international. Est ce que votre visite au Maroc et à Tanger est une opportunité pour prévoir aussi une ouverture vers le monde arabe et l’Afrique? 

Ça serait quelque chose qui me plairait, mais malheureusement cela ne dépend pas de moi, mais de l’intérêt des traducteurs ou des milieux culturels envers mon travail. Pour ma part je suis plus que disposée.

Vous avez écrit un livre «Irlande» en 98 dont la version française vous a permis de gagner le prix mille page. Tanger vous inspire-t-elle autant? 

Irlanda malgré son titre, ne parle pas du pays: c’est le prénom de la jeune protagoniste. Mais, à part cette nuance, qui n’inspirerait pas Tanger? Je ne serai ni la première, ni la dernière auteur, d’être fascinée par la lumière, la couleur, l’histoire et le mystère de la ville. C’est visuel et sensuel, c’est proche et mystérieux.

Votre conférence a tourné autour du thème de la littérature et les nouvelles technologies. Que pensez-vous sincèrement de ce transfert des livres et des romans vers les nouvelles technologies? N’y a t-il pas un danger?

Les dangers existent partout pour ceux qui veulent les voir. Et la vérité est que nous sommes confrontés à un changement du cycle historique, dans lequel la crise économique, la révolution technologique, l’essor de l’audiovisuel, la perte d’intérêt pour l’humanisme se rejoignent. Rien de tout cela ne favorise, à priori, l’amour pour les livres. Cependant, les lecteurs et les écrivains perdurent et le public veut toujours se faire raconter des histoires. Les auteurs qui s’adaptent à cette réalité auront plus de chances de survivre. Mais l’option conventionnelle, bien sûr, est également valable. Dans mon cas, j’estime que les possibilités de narration et de diffusion offertes par les nouvelles technologies signifient une plus grande autonomie pour l’auteur et une nouvelle façon de communiquer avec le lecteur.

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