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Agences immobilières: Pour imposer ses droits, l’AMAI-Tanger se renforce et se réorganise

Après la rencontre organisée par l’association marocaine des agences immobilières (AMAI), le 11 Octobre 2018, en présence du ministre de l’Habitat sous le thème « la nécessaire réglementation des métiers de l’immobilier pour le développement  du marché », qui a mis en exergue l’importante valeur du texte de loi réglementant la profession d’agent immobilier, La Dépêche a rencontré les membres de l’antenne régionale de cette association, dont la coordinatrice régionale est Mme Asma Larbi de NREA INVEST.

 À cette occasion et en présence des principaux opérateurs du secteur, une convention de partenariat a été signée entre l’AMAI et la FNAIM France, qui regroupe plus de 10.000 membres. Outre l’opportunité de développer les relations commerciales, cet accord sera aussi l’occasion de programmer des formations et d’échanger les expériences pour mieux défendre les intérêts du secteur, au Maroc essentiellement. 

Mais en attendant, c’est surtout ce texte de loi réglementant la profession et attendu depuis fort longtemps (on dit qu’il verra le jour bientôt) qui fait actuellement défaut. 

Lors de cette rencontre-entretien avec les professionnels de Tanger et de Tétouan, un seul mot d’ordre a été répété:  renforcer l’association et avoir une représentation significative pour pouvoir lutter contre l’informel. Le projet mérite le soutien de tout le monde, le gouvernement d’abord.

Asma Larbi, coordinatrice régionale de l’AMAI, est catégorique: «on ne pourra jamais avancer et se développer sans que ce projet de loi ne devienne effectif». Un avis partagé par les 10 membres de cette dynamique association dont Fouzia Benaddi (Must IMMO) «la loi nous permettra de protéger nos droits auprès de nos clients et des propriétaires, tout en créant un meilleur rapprochement avec les autres professionnels, les notaires particulièrement. L’agent immobilier doit absolument trouver sa place réelle en se référant à des normes à respecter».

Pour Ghizlaine Chafai de MBI INVESTMENT, «ces normes sont des lois qui protègent la profession et mettent l’accent sur les conditions d’ouverture d’une agence immobilière, l’expérience professionnelle et le niveau de l’agent qui doivent être imposés à chaque agent, passer par une formation professionnelle, avoir des cartes professionnelles et d’autres normes faisant que l’agent immobilier professionnel ne soit plus considéré comme un simple «semsar» par les autres professionnels, notamment les notaires».

De son côté, Thami Chatt, également gérant de l’agence MBI, insiste sur la valeur de cette loi en indiquant qu’elle va «aussi aider les agences immobilières professionnelles à protéger leurs droits légitimes notamment en matière d’honoraires. Il est insensé que tout le monde devienne agent immobilier le temps d’une opération ou deux et brade les prix à un niveau qui devient inacceptable. Il faut donc réglementer les barèmes des honoraires et faire de sorte qu’ils soient respectés. Il y’a aussi ce grave problème des étrangers qui s’installent à Tanger et deviennent du jour au lendemain agents immobiliers sans aucun respect de la loi et des normes en vigueur. Cela doit s’arrêter. Le Marocain ne peut en aucun cas faire la même chose à Paris. Pourquoi le contraire est-il permis chez nous?»

Et à Asma Larbi d’expliquer ce point avec plus de détails: «Ce que nous voulons imposer c’est que nos clients travaillent avec des agences immobilières structurées. Il est illogique que l’on continue à faire confiance à quelqu’un qui travaille depuis chez lui ou réalise des transactions par téléphone. C’est inadmissible quand on sait qu’il existe des agences immobilières professionnelles qui paient des taxes et assurent chacune du boulot à plusieurs personnes». «L’agence c’est d’abord une adresse!» ajoute Ghizlaine Chafai, «il faut surtout que l’agent immobilier soit résident, avoir un local en bonne et due forme, un registre de commerce et du personnel et donc sentir qu’il a des obligations, sinon s’amuser à faire des transactions ici et là sans aucune crédibilité casse l’image de marque des vrais professionnels», rétorque Fouzia Benaddi.

Le projet de loi réglementant la profession est attendu depuis 4 ans. Une période qui a trop duré et qui blesse les professionnels, surtout que cette loi sera aussi le meilleur moyen de défendre les intérêts de leurs clients et de les protéger contre des arnaques qui se répètent sans cesse. Le ministre aura compris cette urgence et a promis de faire vite, très vite pour accélérer la validation de cette loi, et son application surtout.

Anouar Ajouaouen, gérant de PRIVATE ESTATE reste également catégorique concernant l’importance de cette future loi «La loi obligera les clients à passer par une agence immobilière professionnelle. C’est une manière de les habituer et les éduquer à faire toujours appel aux professionnels, car ils se sentent protégés». Même avis partagé par Brahim Lachaibi, gérant d’ACCES IMMO qui a insisté sur l’importance de cette loi, mais aussi sur l’importance et la nécessité d’une meilleure synergie des agents professionnels.

«Nous avons besoin de présenter les mêmes modèles de contrats de bail, de courtage. Présenter les mêmes documents rehausse notre image de marque et notre valeur en tant que professionnels», a-t-il conclu.

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